…un condottiere intrepide
qui habita, le premier, le murs de la maison-tour. Depuis j’en ai
vu des choses, moi je peux dire que par ici, dans les années, j’ai
vu changer la vie et l’histoire de ma ville et du monde.
Je me souviens de Dante qui écrivit dans sa comédie un inoubliable
incipit : «La bocca sollevò dal fiero pasto…»
pour conter la triste fin du Comte Ugolin qui, dans une autre maison-tour,
très proche de la mienne, vecut son drame inoubliable.
Je me souviens, au XVI siècle, de M. Vasari qu’on chargea de
redessiner la Place des Sette Strade et il le fit d’une façon
superbe. En conjuguant urbanisme et architecture, il ressembla la maison-tour
du Comte avec celle à coté, en créant un arc qui couvrait
la rue au dessous. Là bas il installa un horloge qui dès ce
moment là scanda le temps infini qui s’ecoula et qu’aujourd’hui
quelqu’un a voulu que devienne mon nom. Puis il décora l’Ancien
Palais civique avec des gravures monochromes et l’appella Palais della
Carovana. Depuis le XIX siècle il est le siège d’une
des plus prestigieuses institutions d’étude du monde: L’Ecole
Normale Superieure. Place dei Cavalieri naquit par conséquent. Un
endroit de rare suggestion qui encore rivalise de beauté avec la
voisine et plus célèbre Piazza dei Miracoli.
Par ici, dans le centre ville universitaire, beaucoup d’étudiants
sont passés, quelques uns d’entre eux faisant l’histoire
de la culture et du progrés de l’humanité. J’en
ai vus beaucoup de jeunes devenus des Prix Nobel. Parmi eux je me souviens
affectueusement d’un jeune homme qui était chétif et
délicat et que je voyais toujours à la fenetre devant la mienne.
Il portait un chale et écrivait toujours.
Un beau jour, comme il passait par ici, l’aperçus parmi ses
nombres papiers, un petit feuillet d’épreuves corrigées
d’une écriture minuscule. Il s’agissait de vers déstinés
à rester immortales. «Silvia rimembri ancora / quel tempo della
tua vita mortale…»
Je sus que ce jeune homme s’appellait Giacomo Leopardi grace à
une plaque commemorative que aujourd’hui ancore se trouve au dessous
de cette fenetre là. Maintenant je suis en train de recevoir beaucoup
d’hotes et, finalement, je pourrai raconter ces histoires et d’autres
encore à des nombreux et nouveaux amis qui décideront de loger
dans mes belles chambres. |
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